Escapade en suisse chez Chems, Paris-Zurich, et le dragon - Noé
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Escapade en suisse chez Chems, Paris-Zurich, et le dragon

Voici l’article que je souhaitais écrire ce matin, avant d’être devancé par un désir de développer ce qui ne devait être qu’un contexte concernant le CRR de Paris et ma semaine suisse de concours d’écoles.

Après avoir écrit ça, j’ai téléphoné à Chems pour qu’il m’aide à le poster, notre outil de mise en ligne étant temporairement (ou à tout jamais?) dysfonctionnel. Cela nous a pris un peu de temps, j’ai donc fait une pause avant d’écrire la suite, que je m’attelle à rédiger à 20h17. Entre-temps, j’ai fait le ménage, je suis allé courir, j’ai mangé du skyr et des flocns d’avoines mal mélangés avec aucune saveur, et je suis allé au cinéma voir The Drama, à pied. Sur le retour, je commençais déjà à imaginer ce que j’allais écrire, les tournures que j’allais emplyer le style etc. Même ce que vous venez de lire a été anticipé à ce moment là. C’est un test, j’ai rarement fait ceci sans spontanéité et de façon préméditée. Dans ma tête ça donnait à peu près ça :

11 Avril 2026, 06h16. J’embarque à bord de ce lyria Paris-Lausanne, après avoir attendu une heure à la gare. Moi qui suis réputé pour ne pas être ponctuel, j’ai voulu pour une fois être en avance. J’aurais pu dormir une heure de plus. J’ai d’ailleurs 2 billets pour ce train, un premier à 89€, et un second, « qui est à 37€ puisqu’il y a une offre spéciale SNCF aujourd’hui super ! » acheté avant d’avoir pris soin de vérifier si le premier était annulable ou non.

Je suis en route pour Lausanne, où je vais retrouver Chems qui me loge pendant une semaine de concours en Suisse, porte de sortie voire issue de secours après l’échec retentissant des CNSM décrit précédemment. Je postule dans 2 écoles Lucerne avec Immanuel Richter, et Lausanne, où les profs sont Javier Rosetto, et Alexandre Baty. Monsieur Baty est professeur au CNSM de Paris également. Javier quant à lui, bien qu’il soit Trompette solo de l’orchestre de Radio France, est en quelque sorte un ami, rencontré dans un contexte hasardeux alors qu’il s’asseyait à côté de moi dans un métro. Il m’a souvent offert des places pour les concerts de l’orchestre et a toujours été très gentil. Il me permettait d’ailleurs d’assister aux répétitions. J’écoutais dans le train un podcast dans lequel il était interviewé, où il raconte son parcours depuis el sistema au Vénézuela jusqu’à son arrivée en France. Il raconte aussi qu’il est passé par une phase de gros obstacle technique dans son apprentissage et à du faire un changement de postition (le même problème auquel je suis confronté depuis des années, que j’ai toujours chercher à contourner plutôt que d’affronter de face). L’entendre en parler et décrire sa façon de l’avoir surmonté mais aussi de savoir où il en était maintenant m’a donné une envie irrépressible d’étudier avec lui. Mais au même moment quelqu’un me marche sur le pied. Je lève la tête. C’était Javier. Aussi fou que cela puisse paraître, il était dans le même train puisqu’il donnait des cours à Lausanne ce jour là, veille du concours. Je lui fais part de la coincidence et il m’offre un chocolat chaud au wagon bar.

A Lausanne, Chems le co-fondateur de ce blog me récupère à la gare. Nous reprenons le train pour Renens VD (VD pour canton de Vaud), et posons mes affaires chez lui. Après quelques courses il me montre son campus, le temps n’est pas au rendez-vous. Nous mangeons le fameux Paris-Zurich au restaurant « Le Monde Snack » c’est à dire un kebab aux frites et à la raclette. Le soir, on regarde, quelques épisodes de One Piece, et Ultimatum, commenté par Domingo. Je suis vraiment préoccupé par les concours qui arrivent et je ne vis rien de passionnant à raconter à Chems, donc regarder ça fait passer le temps, et nous permet de mieux nous retrouver. La nuit, mon matelas gonflable est épouvantable. En plus de me mettre le dos en vrac, il fait un bruit du tonnerre. Je ne dors pas, ce qui n’est pas recommandé quand on passe des concours. Mais la nuit, je ne sais plus pour qu’elle raison, j’ai commencé à discuter avec GZ sur instagram. On parlait déjà très légèrement quelques jours avant sans trop que je me rappelle comment ça a commencé. Mais cette nuit là, où je ne pouvais pas dormir, elle était en vacances chez ses parents en haute-saône et qui plus est malade, deux facteurs qui font que, bien que n’arrivant pas à dormir non plus, elle n’avait pas trop d’autres choix de divertissement que de me parler. D’abord quelques messages séparés puis une conversation ininterrompue jusqu’à 2-3 heures du matin. C’était d’une fluidité rare, en lui parlant elle me donnait l’impression d’être le mec le plus drôle de la planète. Elle aussi me faisait glousser, et je devais me retenir pour ne pas réveiller Chems, que j’avais déjà peur de déranger, même avec la luminosité au minimum. On parle de plein de trucs, puis après que j’aie réclamé elle m’envoie un morceau à écouter. The Dragon de Black Sea Dahus. Après la première écoute je ne suis pas bouleversé par le son. Après la deuxième un petit peu plus, on n’en parle pas plus que ça. Le lendemain, je fais écouter le son à Chems en disana que j’ai parlé à GZ hier et qu’elle est vraiment chouette. Il me dit que je suis matrixé par l’approbation des gens et surtout des filles, et me demande si je lui aurais fait écouter la musique si GZ était super moche et non populaire. Je me contente de répondre que le son est juste cool donc que son argument marche pas. Mais on discute après et j’admets, que j’ai un souci avec le regarder des autres, et que savoir que des gens que j’estime beaucoup m’estiment en retour, ça me valorise. GZ en fait partie, peut-être que je n’aurais pas entamé la conversation si elle était complètement horrible et repoussante, mais au final après lui avoir écrit, peu importe à quoi elle ressemble où ce qu’elle est, ses blagues étaient si drôles et les échanges autour des playlists si intéressants que je voulais lui parler indépendamment de tout ce qu’elle incarnait. Je ne suis donc peu être pas si matrixé que ça, enfin j’espère. Le lendemain on continue de s’envoyer des morceaux je lui fait découvrir Durutti Column, et je continue d’écouter The Dragon, au bout d’un moment je ne peux plus m’en passer comme les chips au vinaigre. Personne n’aime ça mais le paquet fini vide. Là c’est pareil avec cette musique. C’est devenu la B.O de cette semaine suisse, je l’ai écoutée dans le train pour aller au concours, les 2 minutes avant mon passage instrumental, etc. à chaque fois, c’était comme une présence rassurante et réconfortante, et cette musique ainsi que mes échanges avec GZ ont grandement contribué à apaiser mes tourments pour cette semaine entre volonté d’arrêter la trompette, l’absence d’envie de tout quitter pour étudier en suisse, les prix indécents, et le constat de ma préparation déplorable : je ne travaille pas ma trompette dans l’appartement de Chems, je reste allongé à rien faire toute la journée, je dors 3h par nuit sur un matelas catastrophique, après m’être ruiné et avoir ruiné mes parents pour passer des concours qui ne m’intéresse pas, pour continuer une vie où je me sens horriblement mal à cause de la trompette. Et pourtant en écoutant Dragon, je ne pense à rien de tout ça. Arrivé au concours, je joue 3 pièces et je termine premier nommé du concours, seul candidat admis à la Haute Ecole de Musique de Lausanne. J’ai mis beaucoup de temps à considérer que c’était une bonne nouvelle, convaincu que ce n’était pas le CNSM de Lyon donc pas la voie rêvée pour ce que je souhaite devenir. Après avoir eu Clément Saunier à ce sujet au téléphone, je me sens fier et j’ai hâte d’aller étudier là bas. Au point de me désister des prochains concours d’entrée que je devais faire. Poir fêter ça, je retourne au Monde Snack manger un nouveau Paris-Zurich. (Je suis retourné une troisième fois au monde snack le lendemain avec Chems manger un Lahmacun). Je remercie GZ et lui fait part de « l’aide » apportée par sa chanson. J’espère que ça l’a touchée. D’ailleurs elle a connaissance de l’existence de ce blog, mais j’espère qu’elle ne lira pas l’article, je suis honnêtement incapable de savoir ce que sera sa réaction après tout c’est bizarre de parler de ça. Mais bon, je crois que ça fait partie de mon parcours, je crois sincèrement que le concours aurait eu lieu différemment sinon. Après quelques jours et avoir repris nos vies normales, je me rends bien compte qu’il y a déjà quelques grains de sable dans les rouages de nos échanges, ces entretiens noctambules improvisés étaient presque un peit rituel en suisse, vite terminé quand elle est rentrée de ses vacances et que je suis rentré à Paris. Mais ça me va, je l’ai connue 3 soirs et c’était une belle découverte. En rentrant du cinéma tout à l’heure, j’ai réentendu la chanson « le départ » de Feu ! Chatterton, avec cette phrase qui continue de m’intriguer depuis plusieurs années :

« Ce soleil qui supporte la jeunesse ancienne, ne vieillit pas, il est intolérable, il me masque l’azur profond comme un tombeau, qu’il me faut inventer, passionnément, .. avec des mots »

Et si pendant ces 3 nuits sans soleil, j’avais vu l’azur profond ?

Je laisse aux soins de GZ le mot de la fin :

« pose lascive, et dragon partout partout partout dans chaques pores ».

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