<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" ><generator uri="https://jekyllrb.com/" version="3.10.0">Jekyll</generator><link href="/feed.xml" rel="self" type="application/atom+xml" /><link href="/" rel="alternate" type="text/html" /><updated>2026-11-08T15:51:59+00:00</updated><id>/feed.xml</id><title type="html">___</title><subtitle>Write an awesome description for your new site here. You can edit this line in _config.yml. It will appear in your document head meta (for Google search results) and in your feed.xml site description.</subtitle><entry><title type="html">ʕಠᴥಠʔ</title><link href="/2026/05/13/titre-en-emoji.html" rel="alternate" type="text/html" title="ʕಠᴥಠʔ" /><published>2026-05-13T00:00:00+00:00</published><updated>2026-05-13T00:00:00+00:00</updated><id>/2026/05/13/titre-en-emoji</id><content type="html" xml:base="/2026/05/13/titre-en-emoji.html"><![CDATA[<div style="display: flex; flex-wrap: wrap; gap: 10px;">
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<p><a href="https://davidbessis.substack.com/p/the-fall-of-the-theorem-economy">The fall of the theorem economy - David Bessis</a></p>]]></content><author><name>chems</name></author><summary type="html"><![CDATA[]]></summary></entry><entry><title type="html">Pretty library girl</title><link href="/2026/04/28/a-girl-from-the-library.html" rel="alternate" type="text/html" title="Pretty library girl" /><published>2026-04-28T00:00:00+00:00</published><updated>2026-04-28T00:00:00+00:00</updated><id>/2026/04/28/a-girl-from-the-library</id><content type="html" xml:base="/2026/04/28/a-girl-from-the-library.html"><![CDATA[<p>Le titre est là pour faire du clic (à notre échelle mdrrr) parce que j’ai remarqué que Pretty Rave Girl avait justement fait plus de clic que mes autres posts, on verra si cette tendance se confirme.</p>

<p>Initialement, j’avais prévu de préparer le TP de télécom ou bien de faire les exos sur les produits libres amalgamés mais finalement le TP n’est pas encore dispo. Et je ferai les exos après.</p>

<p>Il y a déjà un certain nombre de semaines, le bâtiment de la RTS (Radio Télévision Suisse), situé juste à côté de la bibliothèque, à été mis en service. J’ai pas encore réussi à tout visiter, notamment à m’introduire à l’étage du haut car il nécessite un badge et je suis pas vraiment un employé de la télé. J’attends donc très passivement qu’une occasion se présente. J’aime bien tout de même m’incruster dans leur cafétéria, le café est pas terrible mais les croissants sont moins chers. Je n’y ai jamais vu aucun étudiant (et je compte bien gate-keep le spot), seulement des employés, cinquantenaires qui ont comme des discussions de lycéens de 50 ans. En gros on pourrait y distinguer les populaires, les faux-culs, les commères, les moins populaires, mais ptêtre que je force l’analyse. Quand j’y passe je profite également des toilettes, ou plutôt du complexe sanitaire de la RTS, je place très facilement celles-ci parmi les meilleures du campus.</p>
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<p>J’ai enlevé instagram en fin d’année dernière et pour compenser je regardais souvent youtube et twitter puis j’ai enlevé youtube et twitter alors je regarde souvent mon mur blanc, en attente d’idées.</p>

<p><del>En naviguant une littérature peu théorique de l’IA je me suis vraiment fait la réflexion que ce domaine allait vraiment dans tout les sens et que beaucoup d’articles avaient une portée très peu générale. On a souvent ce type d’article qui propose une architecture particulière basée sur un fait empirique justifié par un truc mal défini et qui est juste assez bien foutu pour que ça marche sur quelques datasets (j’abuse un peu). Enfin bon, rien de nouveau à priori, mais la discussion (ou digression) de ce matin avec Amel a un peu renforcé mon opinion dans ce sens. J’imagine que c’est d’une certaine manière aussi une conséquence du fait qu’on y “comprends rien” au delà de setup simplifiés ou particuliers. Mais c’est d’ailleurs ça qui est tant excitant ! Le terrain d’exploration a l’air immensément vaste, autant pour les théoriciens que pour les …praticiens ? et tout ceux qui se situent entre les deux. Je me demande bien comment s’organisent en interne les boîtes dans le domaine.</del></p>

<p><em>Edit du 30/04/2026 : Ce paragraphe est complètement débile. Il est vraiment très grossier dans sa manière d’y cacher ce qui pourrait s’apparenter à une sorte de mépris refoulé pour un travail considéré comme moins sérieux que l’intelligent, difficile, profond, ou encore prestigieux “travail théorique” pour ensuite terminer vers une ouverture lumineuse en y incluant tout le monde afin de montrer (ou peut-être se convaincre) qu’on est quelqu’un de bien. Le propos est juste mais son inconscient trahit une mentalité que je trouve détestable, supportée par une sorte de soumission à un système de pensée plutôt que par une vraie réflexion, et conduit, je pense, à une sorte d’illusion et de fermeture d’esprit qui freine certaines formes de progrès (tant au niveau d’un individu que d’un collectif). Bref en gros je retire ce que j’ai dit et je laisse cette note parce que -sinon le post est pratiquement vide -parce que je pense que la remarque vaut le coup d’être discutée.</em></p>

<p>J’aime l’idée de créer une groupe aligné, une sorte de <em>Kawiarnia Szkocka</em> (en plus j’adore le café), mais c’est encore flou.</p>

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</div>]]></content><author><name>chems</name></author><summary type="html"><![CDATA[Le titre est là pour faire du clic (à notre échelle mdrrr) parce que j’ai remarqué que Pretty Rave Girl avait justement fait plus de clic que mes autres posts, on verra si cette tendance se confirme.]]></summary></entry><entry><title type="html">Escapade en suisse chez Chems, Paris-Zurich, et le dragon</title><link href="/2026/04/26/Escapde-en-suisse-chez-Chems,-Paris-Zurich-et-le-dragon.html" rel="alternate" type="text/html" title="Escapade en suisse chez Chems, Paris-Zurich, et le dragon" /><published>2026-04-26T00:00:00+00:00</published><updated>2026-04-26T00:00:00+00:00</updated><id>/2026/04/26/Escapde-en-suisse-chez-Chems,-Paris-Zurich-et-le-dragon</id><content type="html" xml:base="/2026/04/26/Escapde-en-suisse-chez-Chems,-Paris-Zurich-et-le-dragon.html"><![CDATA[<h2 id="escapade-en-suisse-chez-chems-paris-zurich-et-le-dragon">Escapade en suisse chez Chems, Paris-Zurich, et le dragon</h2>

<p>Voici l’article que je souhaitais écrire ce matin, avant d’être devancé par un désir de développer ce qui ne devait être qu’un contexte concernant le CRR de Paris et ma semaine suisse de concours d’écoles.</p>

<p>Après avoir écrit ça, j’ai téléphoné à Chems pour qu’il m’aide à le poster, notre outil de mise en ligne étant temporairement (ou à tout jamais?) dysfonctionnel. Cela nous a pris un peu de temps, j’ai donc fait une pause avant d’écrire la suite, que je m’attelle à rédiger à 20h17. Entre-temps, j’ai fait le ménage, je suis allé courir, j’ai mangé du skyr et des flocns d’avoines mal mélangés avec aucune saveur, et je suis allé au cinéma voir The Drama, à pied. Sur le retour, je commençais déjà à imaginer ce que j’allais écrire, les tournures que j’allais emplyer le style etc. Même ce que vous venez de lire a été anticipé à ce moment là. C’est un test, j’ai rarement fait ceci sans spontanéité et de façon préméditée. Dans ma tête ça donnait à peu près ça :</p>

<p>11 Avril 2026, 06h16. J’embarque à bord de ce lyria Paris-Lausanne, après avoir attendu une heure à la gare. Moi qui suis réputé pour ne pas être ponctuel, j’ai voulu pour une fois être en avance. J’aurais pu dormir une heure de plus. J’ai d’ailleurs 2 billets pour ce train, un premier à 89€, et un second, « qui est à 37€ puisqu’il y a une offre spéciale SNCF aujourd’hui super ! » acheté avant d’avoir pris soin de vérifier si le premier était annulable ou non.</p>

<p>Je suis en route pour Lausanne, où je vais retrouver Chems qui me loge pendant une semaine de concours en Suisse, porte de sortie voire issue de secours après l’échec retentissant des CNSM décrit précédemment. Je postule dans 2 écoles Lucerne avec Immanuel Richter, et Lausanne, où les profs sont Javier Rosetto, et Alexandre Baty. Monsieur Baty est professeur au CNSM de Paris également. Javier quant à lui, bien qu’il soit Trompette solo de l’orchestre de Radio France, est en quelque sorte un ami, rencontré dans un contexte hasardeux alors qu’il s’asseyait à côté de moi dans un métro. Il m’a souvent offert des places pour les concerts de l’orchestre et a toujours été très gentil. Il me permettait d’ailleurs d’assister aux répétitions. J’écoutais dans le train un podcast dans lequel il était interviewé, où il raconte son parcours depuis el sistema au Vénézuela jusqu’à son arrivée en France. Il raconte aussi qu’il est passé par une phase de gros obstacle technique dans son apprentissage et à du faire un changement de postition (le même problème auquel je suis confronté depuis des années, que j’ai toujours chercher à contourner plutôt que d’affronter de face). L’entendre en parler et décrire sa façon de l’avoir surmonté mais aussi de savoir où il en était maintenant m’a donné une envie irrépressible d’étudier avec lui. Mais au même moment quelqu’un me marche sur le pied. Je lève la tête. C’était Javier. Aussi fou que cela puisse paraître, il était dans le même train puisqu’il donnait des cours à Lausanne ce jour là, veille du concours. Je lui fais part de la coincidence et il m’offre un chocolat chaud au wagon bar.</p>

<p>A Lausanne, Chems le co-fondateur de ce blog me récupère à la gare. Nous reprenons le train pour Renens VD (VD pour canton de Vaud), et posons mes affaires chez lui. Après quelques courses il me montre son campus, le temps n’est pas au rendez-vous. Nous mangeons le fameux Paris-Zurich au restaurant « Le Monde Snack » c’est à dire un kebab aux frites et à la raclette. Le soir, on regarde, quelques épisodes de One Piece, et Ultimatum, commenté par Domingo. Je suis vraiment préoccupé par les concours qui arrivent et je ne vis rien de passionnant à raconter à Chems, donc regarder ça fait passer le temps, et nous permet de mieux nous retrouver. La nuit, mon matelas gonflable est épouvantable. En plus de me mettre le dos en vrac, il fait un bruit du tonnerre. Je ne dors pas, ce qui n’est pas recommandé quand on passe des concours. Mais la nuit, je ne sais plus pour qu’elle raison, j’ai commencé à discuter avec GZ sur instagram. On parlait déjà très légèrement quelques jours avant sans trop que je me rappelle comment ça a commencé. Mais cette nuit là, où je ne pouvais pas dormir, elle était en vacances chez ses parents en haute-saône et qui plus est malade, deux facteurs qui font que, bien que n’arrivant pas à dormir non plus, elle n’avait pas trop d’autres choix de divertissement que de me parler. D’abord quelques messages séparés puis une conversation ininterrompue jusqu’à 2-3 heures du matin. C’était d’une fluidité rare, en lui parlant elle me donnait l’impression d’être le mec le plus drôle de la planète. Elle aussi me faisait glousser, et je devais me retenir pour ne pas réveiller Chems, que j’avais déjà peur de déranger, même avec la luminosité au minimum. On parle de plein de trucs, puis après que j’aie réclamé elle m’envoie un morceau à écouter. The Dragon de Black Sea Dahus. Après la première écoute je ne suis pas bouleversé par le son. Après la deuxième un petit peu plus, on n’en parle pas plus que ça. Le lendemain, je fais écouter le son à Chems en disana que j’ai parlé à GZ hier et qu’elle est vraiment chouette. Il me dit que je suis matrixé par l’approbation des gens et surtout des filles, et me demande si je lui aurais fait écouter la musique si GZ était super moche et non populaire. Je me contente de répondre que le son est juste cool donc que son argument marche pas. Mais on discute après et j’admets, que j’ai un souci avec le regarder des autres, et que savoir que des gens que j’estime beaucoup m’estiment en retour, ça me valorise. GZ en fait partie, peut-être que je n’aurais pas entamé la conversation si elle était complètement horrible et repoussante, mais au final après lui avoir écrit, peu importe à quoi elle ressemble où ce qu’elle est, ses blagues étaient si drôles et les échanges autour des playlists si intéressants que je voulais lui parler indépendamment de tout ce qu’elle incarnait. Je ne suis donc peu être pas si matrixé que ça, enfin j’espère.  Le lendemain on continue de s’envoyer des morceaux je lui fait découvrir Durutti Column, et je continue d’écouter The Dragon, au bout d’un moment je ne peux plus m’en passer comme les chips au vinaigre. Personne n’aime ça mais le paquet fini vide. Là c’est pareil avec cette musique. C’est devenu la B.O de cette semaine suisse, je l’ai écoutée dans le train pour aller au concours, les 2 minutes avant mon passage instrumental, etc. à chaque fois, c’était comme une présence rassurante et réconfortante, et cette musique ainsi que mes échanges avec GZ ont grandement contribué à apaiser mes tourments pour cette semaine entre volonté d’arrêter la trompette, l’absence d’envie de tout quitter pour étudier en suisse, les prix indécents, et le constat de ma préparation déplorable : je ne travaille pas ma trompette dans l’appartement de Chems, je reste allongé à rien faire toute la journée, je dors 3h par nuit sur un matelas catastrophique, après m’être ruiné et avoir ruiné mes parents pour passer des concours qui ne m’intéresse pas, pour continuer une vie où je me sens horriblement mal à cause de la trompette. Et pourtant en écoutant Dragon, je ne pense à rien de tout ça. Arrivé au concours, je joue 3 pièces et je termine premier nommé du concours, seul candidat admis à la Haute Ecole de Musique de Lausanne. J’ai mis beaucoup de temps à considérer que c’était une bonne nouvelle, convaincu que ce n’était pas le CNSM de Lyon donc pas la voie rêvée pour ce que je souhaite devenir. Après avoir eu Clément Saunier à ce sujet au téléphone, je me sens fier et j’ai hâte d’aller étudier là bas. Au point de me désister des prochains concours d’entrée que je devais faire. Poir fêter ça, je retourne au Monde Snack manger un nouveau Paris-Zurich. (Je suis retourné une troisième fois au monde snack le lendemain avec Chems manger un Lahmacun).
Je remercie GZ et lui fait part de « l’aide » apportée par sa chanson. J’espère que ça l’a touchée. D’ailleurs elle a connaissance de l’existence de ce blog, mais j’espère qu’elle ne lira pas l’article, je suis honnêtement incapable de savoir ce que sera sa réaction après tout c’est bizarre de parler de ça. Mais bon, je crois que ça fait partie de mon parcours, je crois sincèrement que le concours aurait eu lieu différemment sinon. Après quelques jours et avoir repris nos vies normales, je me rends bien compte qu’il y a déjà quelques grains de sable dans les rouages de nos échanges, ces entretiens noctambules improvisés étaient presque un peit rituel en suisse, vite terminé quand elle est rentrée de ses vacances et que je suis rentré à Paris. Mais ça me va, je l’ai connue 3 soirs et c’était une belle découverte. En rentrant du cinéma tout à l’heure, j’ai réentendu la chanson « le départ » de Feu ! Chatterton, avec cette phrase qui continue de m’intriguer depuis plusieurs années :</p>

<p>« Ce soleil qui supporte la jeunesse ancienne,
ne vieillit pas,
il est intolérable,
il me masque l’azur profond comme un tombeau,
qu’il me faut inventer,
passionnément,
.. avec des mots »</p>

<p>Et si pendant ces 3 nuits sans soleil, j’avais vu l’azur profond ?</p>

<p>Je laisse aux soins de GZ le mot de la fin :</p>

<p>« pose lascive, et dragon partout partout partout dans chaques pores ».</p>

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<p>Chères lectrices, chers lecteurs, j’espère que vous allez bien. Vous n’avez sans doute pas espéré de mes nouvelles, pas plus que celles d’un autre rédacteur ou rédactrice de ce weblog, mais, en cette matinée du 26 Avril 2025, j’ai la chance de cumuler 2 facteurs essentiels selon moi pour écrire :</p>

<p>Ma vie a momentanément été traversée par des évènements que je qualifierai d’au moins « semi-croustillants » et qui valent largement la peine d’être racontés sur ce weblog, mais j’ai également la motivation nécessaire ce matin pour tenter de donner forme et splendeur à ce quotidien inhabituel.</p>

<p>Vous vous en moquez, je vous le donne quand même, que voulez-vous c’est la loi de l’offre et la demande.</p>

<p>Pour vous donner un peu de contexte, voilà 3 ans que j’étudie la trompette au CRR de Paris, une institution réputée pour être la fameuse « antichambre du (des) CNSM (Conservatoire National supérieur de Musique. (« Du », parce qu’à paris on ne pense qu’au CNSM de Paris, « des » parce qu’il faut rendre justice au CNSM de Lyon considéré comme un CNSM des nuls par les parisiens). Ainsi, c’est l’établissement le plus toxique où j’ai pu mettre les pieds, puisque toute la vie étudiante tourne autour de la question du CNSM et de la préparation à son concours, qui a commencé en septembre 2023 et qui ne s’est pas arrêtée pour moi car oui, je n’ai jamais été admis dans un CNSM jusqu’à présent. Pour vous décrire à quoi cela ressemble, à Paris 60 candidats dans un premier tour avec 2 pièces instrumentales dont une étude par cœur imposée un mois avant, et un deuxième tour avec plus que 15 personnes, 2 pièces très difficiles, avec à la clé, une place ou 2, 3 quand il y a beaucoup de place. Lyon, 30 inscrits cette année, 8 au second tour, une place. Voilà mon bilan CNSM au CRR de Paris :</p>

<p>Septembre 2023 : Jugé non-prêt à candidater, année de renforcement technique et instrumental</p>

<p>Année 24-25 : Je passe un tour à Paris pour mon premier concours CNSM (c’est la fête) puis échoue au second, un élève de ma classe est admis. Lyon : échec total au premier tour.</p>

<p>J’ai passé ces deux années avec mon professeur extraordinaire André Feydy, qui a supporté mes états d’âmes et autres enfantillages : Durant ces 2 ans il était plus que fréquent que pendant les cours en groupe (toute la classe de 8) j’aille aux toilettes après mes passages, pour taper de toutes mes forces dans les murs et hurler, avec pour seul but de me blesser les mains, me faire mal pour me punir de ne pas être assez fort. Je précise qu’il n’est nullement responsable de cette attitude et que bien qu’il y ait toujours eu une omerta autour de ce sujet dans la classe : tout le monde savait et André était dévasté et avait la larme à l’œil quand je le faisais apparemment. Vous vous doutez bien que c’est difficile de s’intégrer dans une classe quand on réagit comme ça, tous mes camarades qui ont d’abord essayé de m’aider en ont rapidement eu marre, de m’entendre dire quotidiennement que j’étais une merde, que je ne savais pas jouer, que j’avais des soucis de technique, que ça me rendait malheureux etc. Le climax a été le moment où j’ai dit avoir mal joué au premier tour du CNSM de Paris mais que je suis passé au second, alors que 4 élèves de ma classe ne l’ont pas eu. 2 d’entre eux ont décidé d’arrêter de m’adresser la parole. J’ai plusieurs fois manifesté mon insécurité dans ces études et j’ai même une fois dit à André que j’étais très proche d’arrêter la trompette après avoir été à deux doigts d’avaler une boîte de médicament. Il a alors fait un signalement à l’administration pour détresse psychologique qui n’a donné aucune suite ni action concrète de leur part. Je me sentais comme un requin tigre.</p>

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<p>Mais le rêve ; c’était la classe du CNSM de Lyon, avec Clément Saunier, Trompette solo de l’ensemble intercontemporain, soliste international etc. mais surtout le prof qui en stage de trompette en aout 23 m’a dit que je ne serais jamais trompettiste si je ne recommençais pas à apprendre ma technique à zéro. Je rêvais de lui montrer qu’il avait tort, en intégrant sa classe d’élite, où il obtient des résultats pédagogiques extraordinaires (cette année sur sa classe de 12, 1 élève fait 3ème prix du plus grand concours international de soliste, un autre gagne le poste de trompette solo à l’orchestre de Montpellier, puis 2ème trompette à radio France, un autre qui était finaliste à Montpellier vient de gagner à Metz, un autre qui avait gagné Nice vient de gagner l’orchestre de chambre de Paris, un autre était finaliste à l’opéra de Lyon…) ce sont déjà tous et toutes les meilleur.es trompettistes de France. Et je rêvais d’entrer dans cette classe, malheureusement, échec total au premier tour.</p>

<p>Puis en fin d’année, André m’appelle, un nouveau prof rejoint l’équipe pédagogique du CRR de Paris, c’est nul autre que Clément Saunier dont j’intègre la classe à la rentrée de Septembre 2025.</p>

<p>Lui, qui était mon antagoniste de toujours devient mon professeur… et me prend sous son aile. Je découvre avec lui une relation de professorat extraordinaire, où il me fait progresser très vite, ainsi que tous les autres élèves. Lui que je considérais comme un robot avec aucun affect, un ordinateur à trompette, pouvait malgré son pragmatisme immense, être bienveillant, faire quelques rares blagues pour détendre l’atmosphère, et j’ai découvert là un trompettiste, un pédagogue et un humain hors du commun aussi exigeant que bienveillant. Vient donc une année de préparation intensive et où je dédie toute ma vie au simple fait de gagner la place au CNSM de Lyon, je veux absolument poursuivre avec ce professeur génial, malheureusement après avoir fait plusieurs filages et auditions sur mon programme avec un niveau suffisant pour passer : j’échoue lamentablement au premier tour, bien que ma préparation fût parfaite, et que même Clément ait dit « qu’il m’attendait pour faire de gros résultats sur ce concours » il ne m’a pas reconnu jouer derrière le paravent tellement c’était mauvais comparé à mes standards. Ma vie s’est effondrée ce jour là, j’ai évoqué précédemment les noyaux de cerise dans un de mes premiers posts, ces évènements qui nous font devenir adulte. Ce jour là, une partie de mon enfance est morte, puisque j’ai compris qu’il ne suffisait pas d’avoir un rêve pour qu’il se réalise tôt ou tard. Parfois les choses ne marchent pas, jamais. J’ai après ça brillamment raté le premier tour de Paris. Après 3 ans de CRR de Paris nous sommes obligés d’intégrer l’enseignement supérieur, puisque nous sommes virés du CRR obligatoirement après trois ans. Je n’ai donc plus de rêve d’école, plus d’école tout court d’ailleurs. Viens une discussion avec Clément où il me redit que tant que je ne change pas ma technique radicalement, je ne pourrai pas progresser et atteindre mes objectifs. Moi qui voulait lui montrer qu’il se trompait en stage, il a finalement tenu le même discours 3 ans plus tard où je n’avais pas avancé d’un cran. J’ai et je suis toujours dévasté par cette idée, et réfléchit sérieusement à arrêter la trompette pour toujours. Malheureusement un facteur inconnu me fait encore hésiter et pencher la balance, je viens de remporter le concours de l’OFJ 2026, et d’être admis à l’HEMU de Lausanne. Je ne prends pour le moment plus aucun plaisir à jouer de mon instrument, pas le moindre à part peut-être de temps à autre à l’orchestre. Quand auparavent je jouais de la trompette pour me sentir bien, en faire mon métier à fait en sorte que c’est la trompette qui me fait me sentir mal. Cependant j’ai commencé le travail proposé par Clément Saunier pour revoir ma conception du jeu instrumental et renouer avec une idée et envie du travail qui soit saine et me rende heureux. Vous aurez rapidement des nouvelles de ce fichu bout de métal enroulé sur lui-même qui est un prolongement de mes lèvres depuis 15 ans.</p>

<p>Au revoir à tous les étudiants du CRR de Paris, et votre CNSM qui vous obsède au point de ne plus avoir aucun sujet de conversation autre pendant 3 ans, à part Charles vous ne me manquerez pas.</p>

<p>Merci André de m’avoir sauvé la vie, merci Monsieur Saunier d’avoir permis qu’elle ait une suite, bien que ça ne soit pas celle que j’ai prévu.</p>]]></content><author><name>Noé</name></author><summary type="html"><![CDATA[CRR de Paris, CNSM et détresse psychologique]]></summary></entry><entry><title type="html">funambulisme de nuit</title><link href="/2025/11/02/funambulisme-de-nuit.html" rel="alternate" type="text/html" title="funambulisme de nuit" /><published>2025-11-02T00:00:00+00:00</published><updated>2025-11-02T00:00:00+00:00</updated><id>/2025/11/02/funambulisme-de-nuit</id><content type="html" xml:base="/2025/11/02/funambulisme-de-nuit.html"><![CDATA[<h2 id="1st">1st</h2>

<p>Bon, ça y’est : entrée en scène, déroulé de tapis rouge ; j’écris enfin sur ce blog. J’ai commencé à taper des trucs il y a une heure mais c’était du genre trop poétique sombre, j’écoutais Jacqueline du Pré et j’avais encore relu Baudelaire avant. Puis j’ai parcouru quelques-uns de vos textes et j’ai bien aimé leur caractère aléatoire ; alors j’écris ce qu’il me passe par la tête.</p>

<p>Ces derniers temps je vis. Enfin je re-vis, et ça fait du bien. Le problème c’est que je m’éparpille. J’ai toujours eu du mal à tenir ce fil que j’essaie de fixer ; dans mes notes iPhone du 28 février 2025, jour de mes 20 ans, j’avais écrit :</p>

<p>” <em>trouver un équilibre, objectif de la décennie à venir</em> “</p>

<p>Mantra simple, large, mais qui demande une certaine connaissance de ses aspirations &amp; volontés et exige de la conscienciosité.</p>

<p>Alors voilà, cette soirée est ma dernière au pays (bisontin) avant de retourner dans la ville des Lumières. J’aime beaucoup Lyon. Je m’y sens de mieux en mieux, de plus en plus à ma place. Le contre-coup étant ce sentiment ressenti lorsque je suis de passage ici : perte de familiarité. Heureux retour mais retour teinté d’illégitimité nouvelle.</p>

<p>Le paroxysme de cette artificialité (due au fait que je faisais semblant d’être à l’aise) fut à l’œuvre pendant cette dernière année, ne s’achevant pas à la fin de l’été, mais diminuant quand même. Ressenti d’un profond décalage avec la majorité de mes amitiés du lycée. Impression d’infériorité sociale symbolique nuancée par une distance - intellectuelle ? - jetée involontairement, peut-être comme pour me prémunir d’une <em>honte</em>. Encore ressenti cette semaine.</p>

<p>Je réapprends donc à marcher droit sur mon fil. Pour ça, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de “trier” ce que je fais, qui je vois, ou d’organiser mon existence, simplement être honnête envers moi-même. Par exemple, je ne veux plus exagérer le poids qu’a une relation pour moi, ni la sous-estimer. En fait je me rends de plus en plus compte que les liens humains sont sources de beaucoup de questions chez moi.
Bon après, la plupart d’entre nous se tracassent sur ce sujet, mais y’a deux ans c’était pas vraiment mon cas, je m’en foutais. Quelque chose a changé, et des fois ça m’énerve, mais en même temps c’est bien parce que j’évolue quoi.</p>

<p>Et puis aussi il est minuit et demi et je me suis levée à 7h pour aller déplacer du bois dans la forêt. Alors je commence à divaguer. J’ai un peu pris le blog pour un journal intime, mais je crois qu’on s’en fout, ça peut être ça, aussi. Je vais pas me relire sinon je vais tout effacer.</p>

<p>Je vous souhaite à tous une bonne nuit, chers lecteurs.</p>

<p>Signé la <em>funambule en puissance</em></p>

<p>xoxo</p>]]></content><author><name>cla</name></author><summary type="html"><![CDATA[1st]]></summary></entry><entry><title type="html">Moment de vie pêché à l’épuisette : n°1</title><link href="/2025/10/23/moment-de-vie-p-ch-l-puisette-n-1.html" rel="alternate" type="text/html" title="Moment de vie pêché à l’épuisette : n°1" /><published>2025-10-23T00:00:00+00:00</published><updated>2025-10-23T00:00:00+00:00</updated><id>/2025/10/23/moment-de-vie-p-ch-l-puisette-n-1</id><content type="html" xml:base="/2025/10/23/moment-de-vie-p-ch-l-puisette-n-1.html"><![CDATA[<h2 id="moment-de-vie-pêché-à-lépuisette-n1">Moment de vie pêché à l’épuisette : n°1</h2>

<p>Je crois que ce qui m’a pris le plus de temps pour ce post au final,c’était de trouver comment le commencer. Je sais pas pourquoi, ça doit être un manque de confiance lié à la prise de confiance de ma plus en plus flagrante stupidité et de mon manque de culture inouï, mais je voyais là une <em>nécéssité</em> d’introduire le propos par une référence, à la fois pop, un peu marrante, mais qui reste quand même dans un cadre d’ « intellect culturelbien pensant ». Je sais pas pourquoi, j’ai ce besoin là de paraître intelligent, je peux pas me contenter de la sobriété,j’ai toujours besoin de briller en société, (c’est pareil dansla vraie vie), montrer que je connais des choses cools, qu’elles soient niches, ou bien que ce soit des choses « à connaître » selon les dogmes sociaux et culturels des gens cools. Ce serait peut-être intéressant de faire un article (collaboratif ?) sur notre vision du cool. Ca me rappelle une rubrique d’un magazine genre les Inrocks, qui s’appelait « Où est le cool » et établissait un baromètre de la hype. Tout ça pour dire que ce soir, j’ai cherché une référence sympa pour commencer un post, du genre lancement publicitaire, ou début célèbre, d’un film d’un livre, un truc que je connais quand même, pour ne pas être à un niveau d’imposture hors-sol en citant un truc que je connais pas pour avoir l’air intello. Je trouve enfin ! Good Morning England (The boat that rocked en VO), bah ouais, j’adore ce film et il y a des sortes de lancements radios faits par les différents protagonistes (je ne veux pas trop dévier de sujet mais ce film est super, on suit le quotidien d’une dizaine d’hommes (et une femme! Peut-être pas un exemple parfait d’un film féministe malheureusement…) sur un bateau en pleine Mer du nord, dans les années 70, alors qu’au Royaume-Uni, la musique rock est interdite de diffusion, des « pirates » passent 24h/24 durock’n’roll). Ainsi voici mon lancement pour les lecteurs et lectrices :</p>

<p>« Il est neuf heures du soir et tous les cul-cirés de la planète sont vautrés dans leurs pantoufles en sirotant leur xérès, mais pendant ce temps là ceux qui aiment le rock’n roll vont encore une fois monter dans le grand huit du rock ! Vous écoutez radio rock, Je suis le comte et je compte sur vous pour le compte à rebours vers l’extase, <em>All day, and all of the Night »</em></p>

<iframe style="border-radius:12px" src="https://open.spotify.com/embed/track/1mfV2kv9RwFKVI8kEQlmOJ?utm_source=generator" width="50%" height="100" frameborder="0" allowfullscreen="" allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy">
</iframe>

<p>J’espère sincèrement que comme moi, vous trouvez que ça en jette. A part ça, je sais ce que vous vous dites, « toujours ce même style vaseux et ces longueurs.. » Et je n’oserais vous contredire : voilà bien longtemps que je parle sans être entré dans le vif du sujet : mais que voulez vous, quand on passe d’un post par semestre, à un tous les 10 jours, il faut savoir broder, se faire désirer…</p>

<p>Evidemment, avant de commencer, pour que cela vous paraisse un tant soit peu cohérent, je vous renvoie à la lecture de mon <a href="https://3imaginaryboys3.github.io/2025/05/25/your-filename.html"><em>prélude</em></a> si ce n’est pas déjà fait.</p>

<p>Le premier souvenir que j’aimerais vous raconter, c’est celui d’une journée vécue il n’y a pas si longtemps, c’est étonnant d’en parler là parce qu’au final j’en garde pour le moment une trace plus ou moins intacte dans les tiroirs/couloirs de mon crâne. Je vais essayer de le raconter avec fidélité, sans rien exagérer, certain.es trouvent que j’ai tendance à maxer un peu les anecdotes et ça les agace. Ils ont raison, c’est souvent vrai. Mais dans cette mégalomanie folle qui me pousse à écrire, je fais un pacte avec vous lecteur.ices, tout ce que je raconte sur ce blog est 4real.</p>

<p>1er Mai 2025. Mes ami.es qui partagent mes convictions manifestent et ils ont bien raison, je ne sais toujours pas pourquoi je ne suis pas avec eux. Je passe la journée seul à Paris, mon amoureuse (avec qui j’ai la chance d’habiter!) est au travail, elle est appelée pour jouer la 3ème symphonie de Gustav Mahler en temps que clarinette solo à l’orchestre de la Monnaie de Bruxelles sous la direction d’Alain Altinoglu, quelle chance ! Quelle œuvre magnifique.. Je ne suis pas jaloux d’elle, seulement fier. Je suis dans un état plutôt léger, serein, presque désinvolte. Côté professionnel/études, je me sens bien. Moi qui était persuadé d’être nul à chier en trompette, je me suis retrouvé au second tour du concours d’entrée au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris (CNSM), on était une cinquantaine au début, puis 16, ils en ont gardé 4, j’étais pas dedans, je me dis que ce n’est que partie remise et que jamais je n’aurais imaginé passer le premier tour c’est déjà une chance, le concours est réussi pour moi. Pour vous donner une idée, je travaillais mon programme depuis fin octobre, pour un concours le 25-27 février, jouer mon second tour permettait de restituer plusieurs mois de travail sur les 2 pièces du second tour qui auraient été vains en cas d’échec au premier. Après ça, je fais un flop monumental au CNSM de Lyon, trop fatigué. C’était deux semaines après, nouveau programme à monter, bon état d’esprit, mais pas les moyens techniques de mes ambitions.</p>

<p>Pas d’entrée en école supérieure l’année prochaine, retour à la case CRR de Paris. Enfin 1er Avril, ce n’est pas un poisson, je réussis le dernier concours que je fais cette année, la finale de l’Orchestre Français des jeunes. Un post sur cette expérience est dans les tuyaux, mais pour vous donner une idée, j’apprends que je passerai mon mois d’Août dans un des plus beaux orchestres de jeunes du monde, et que nous ferons une tournée à Berlin, Amsterdam, Santander en Espagne, Paris, Bruxelles, pour y jouer des œuvres magnifiques. Pour rappel, c’est pour le métier d’orchestre que je destine ma carrière de musicien. Je suis comblé. Nous partons 1 semaine à Londres à la mi-avril avec mon amoureuse, on peut se le dire, j’ai une vie qui fait rêver.</p>

<p>C’est dans ses circonstances que je me réveille le 1er Mai, c’est férié alors j’ai fait une grasse matinée, je crois qu’il fait assez beau, et mon appartement traversant est plein delumière. Comme j’ai rien de prévu, personne à voir, je décide d’aller au cinéma, j’aime bien me balader dans le 5-6ème et ces eaux-là, où se trouvent plein de cinés indépendants qui passent des vieux films. La rue Champolion, où on peut trouver la filmothèque du quartier latin, le champo, vers Odéon, à côté des gros magasins Gibert Joseph où j’aime bien acheter des bd d’occasion. Mais aussi et surtout le « Christine » vers le pont neuf, en particulier parce que ça sent la fleur d’oranger. C’est l’odeur de mon enfance, pour aller du côté de chez Proust, ça me fait penser aux crêpes, aux gaufres, aux beignets, et sûrement plein d’autres trucs, ma mère en met partout et j’aime ça.</p>

<p>Ce jour là, je vais au Christine, pour la fleur d’oranger, et pour <em>The darjeeling Limited</em>, de Wes Anderson. J’adore ce réalisateur, et le simple fait d’évoquer mon rapport à <em>Moonrise Kingdom</em> mérite un post entier dans cette rubrique des moments de vie. Alors oui je sais, c’est pas très niche, et certains de mes potes aigris (M dans les posts de Maxime), (Je suis N), qui pensent que chez Wes Anderson la forme prime sur le fond, trouvent ça naze. Moi j’aime bien Wes Anderson, ce sont de belles histoires, et la forme (gnagna toujours pareil symétrique colorimétrie vive, illustre avec naïveté et poésie le propos). Il me semble avor vu des petits bouts de ce film très jeune sur un DVD emprunté à la médiathèque, j’avais genre 7 ans et je garde le souvenir que ça m’avait fait pas mal chier. En le voyant, j’aime <em>énormément</em>, je me prends une claque et j’ai quelques larmes à la fin, c’est un beau film sur la famille, le rapport à la fraternité, je projette ma fraterie et celles des autres et compare pour en tirer des conclusions. Le film est magnifique. Quelques jours auparavant, Chems me parle de son projet de blog, et on peut voir les premiers posts datant du 27-28 avril. Je me dis que je commencerai peut-être par une critique du film qui m’a beaucoup plu, mais j’ai aucune légitimité ou compétence pour le faire, j’ai peur que Maxime trouve ça nul, pour Chems, pas trop inquiet, je sais qu’il valorisera n’importe quelle tentative de post sur son projet naissant, content que je monte dans navire. C’est là que je me dis que plutôt que de parler du film, je vais parler du contexte dans lequel j’ai vu le film : de l’odeur de fleur d’oranger rue Christine, de la vieille anglaise qui rigolait super fort à côté de moi, qui m’énervait au début puis que j’ai rejoint dans la rigolade ensuite, de ma sérénité préalable, de la traversée du pont neuf pour venir, de mes craintes quant à une critique sur le film et tout ça. En sortant je propose à Oriane, une bonne amie à moi de boire un coup. En attendant sa réponse, je vais voir le prochain film programmé, <em>Persona</em> de Bergman. Olalalalah, le bousin… J’aimerais dire que c’était génial et que j’ai adoré (j’ai mis 5 étoiles Letterboxd quel culot), mais franchement j’ai été pas mal mal à l’aise pendant le film, mais j’ai beaucoup aimé ce que j’ai cru comprendre, c’était assez marrant, parce qu’il y a beaucoup de silence dans le film, et dans la salle d’à côté était projeté <em>In the Mood For Love</em> de Wong Kar Wai, un de mes films préférés. Du coup, on entendait pendant Persona, la musique très récurrente d’In the Mood for Love haha, ça donnait encore plus de relief au film, ça brisait le 4ème mur en quelque sorte. Je suis bouleversé à la fin de Persona, je sais pas si c’est un des meilleurs films que j’ai vu, si j’ai rien compris ou si j’ai détesté. Je me sens idiot, alors pour pallier à cette frustration, je m’asseois sur un trottoir et je lis des analyses du film, des critiques, je me renseigne sur Bergman, sur les actrices,sur le lore du tournage, la réception, ça dure une demi-heure puis deux, trois… Avant de m’asseoir par terre, en sortant du ciné je croise un mec et me dit : tiens c’est marrant il ressemble beaucoup à Theorus ce mec, (un streamer qui fait partie d’un collectif que j’aime beaucoup) je me rends compte que c’est lui, il est avec sa copine, je ne lui dis pas bonjour je ne veux pas les déranger. Bergman est complètement mystique et tout ce qui s’est passé après le film flirte dangereusement avec la frontière réalité/fiction du film, comme une allégorie de sa propre œuvre, tout est complètement malsain, je vous invite à vous renseigner,voir le film pour vous faire votre propre idée, je suis vraiment incapable d’en faire une critique ! Après une heure et demie assis par terre, Oriane n’est pas dispo ce soir.</p>

<p><strong>Et c’est là le point clé qui m’a donné envie de faire ce post et qui justifie son intérêt selon moi.</strong></p>

<p><strong>Il est 19h00, je suis en plein centre de Paris, c’est férié, je n’ai aucun impératif lié à mes études/travail, ni aucun impératif social puisque mon amoureuse étant à Bruxelles, et mes ami.es (à savoir Oriane ce soir là) ne sont pas disponibles, je me retrouve vide de déterminismes de mouvement. J’insiste sur cette notion qui se doit d’être dévelopée : après Persona, puis 1h30 à décortiquer Bergman, je n’ai aucun impératifs, mais aucune envie. Et j’en prends conscience. Je ressens alors initialement une lourde solitude qui se transforme rapidement en une sérénité contemplative. Je me sens irésistiblement libre, non pas que je sois emprisonné par mes obligations personnelles, sociales ou conjugales, mais ce jour là, je le sais, j’étais un atome dans la foule, comblé. Je prends conscience de ma situation professionnelle et personnelle exposée au début et j’atteins une forme de plénitude totale. Je suis sur le Pont Neuf, et j’ai le temps. Pourquoi faire ? Je n’en ai aucune idée, mais j’ai le temps, j’écoute les passants qui passent, et il y une belle vue, j’écoute sûrement une chouette playlist. Je m’ennivre de cette absence de trajectoire que je perçois de plus en plus rare dans mes souvenirs, et mon envie devient le faire de ne pas avoir d’envie. Je n’ai pas</strong> <em><strong>envie de rien,</strong></em> <strong>j’ai envie de ne pas être soummis, rentrer chez soi machinalement, manger etc, non</strong> <em><strong>j’ai envie d’avoir aucune envie</strong></em> <strong>et demeurer au repos serein. C’est un de mes seuls souvenirs de cette sensation que je souhaite à n’importe qui de connaître un jour. Voilà ce qui mérite le post selon moi.</strong></p>

<p>Je suis tiré de ma plénitude par le regret doux-amer de n’avoir rien dit à Theorus, j’aurais a moins pu lui faire une blague… Je retourne au cinéma, avec un peu de chance je le choppe à la sortie ? J’hésite. Au bout de 5 minutes, il sort de la salle avec sa copine, je les aborde une seconde, ils sont très gentils. Je le check et lui dis « désolé pour les mains moites » et il me répond «on échange les fluides » on rigole tous les trois et je les laisse tranquilles, la seule frustration de la journée est partie plus vite qu’elle n’est arrivée, et j’ai recontré un mec que j’adore. Je veux prendre le métro pour rentrer chez moi, j’entends une fanfare le long des quais qui joue du funk jazz, je jette un coup d’oeil. Ils jouent une vingtaine de minutes, je comprends que c’est un groupe pro qui répète, ils sont hyper forts. Je me régale de leur musique, puis d’un kebab du quartier latin, et je rentre chez moi, convaincu que cette journée que tout annonçait banale me fera une belle histoire à raconter.</p>

<p>A bientôt !</p>

<p>Noé</p>]]></content><author><name>Noé</name></author><summary type="html"><![CDATA[Moment de vie pêché à l’épuisette : n°1]]></summary></entry><entry><title type="html">Petrouchka d’Igor Stravinsky</title><link href="/2025/10/12/post-2-no-petrouchka-d-igor-stravinsky.html" rel="alternate" type="text/html" title="Petrouchka d’Igor Stravinsky" /><published>2025-10-12T00:00:00+00:00</published><updated>2025-10-12T00:00:00+00:00</updated><id>/2025/10/12/post-2-no-petrouchka-d-igor-stravinsky</id><content type="html" xml:base="/2025/10/12/post-2-no-petrouchka-d-igor-stravinsky.html"><![CDATA[<h2 id="post-2--petrouchka-digor-stravinsky">Post 2 : Petrouchka d’Igor Stravinsky</h2>

<p>Cher.es lecteurs, lectrices, belges, belges, monsieur le président, monsieur le premier ministre, monsieur Hamdi, monsieur Collardey, public chéri : mon amour.</p>

<p>Et oui, je pourrais vous dire qu’après un premier post, j’avais besoin de vacances, d’une pause de 5 mois bientôt, pour trouver l’inspiration, pour envoyer un second classique à propos de cette crise existentielle qu’on traverse tous, mais il n’en est rien. (si vous n’avez pas compris je vous renvoie à la lecture de mon premier post sur ce blog, ou blogue). Public, si je n’ai rien écrit, c’est parce que tu ne m’as pas manqué, je m’explique. Ecrire le premier moment de vie a été un véritable exutoire, et m’a inspiré beaucoup d’autres posts qui ont mûri dans ma tête, mais rien n’a transcendé la paresse qui m’empêche de les écrire. Il a fallu que je déclare à monsieur Hamdi (preuve à l’appui) que « Je suis un moins que rien si ce soir avant minuit vous n’avez de mes nouvelles sur ce blog ! »</p>

<p>Ainsi, avant de vous embarquer dans la suite de mes pérégrinations au travers de mes souvenirs je souhaite vous divertir, avec l’aide d’un pantin boiteux et moche : le fameux Petrouchka d’Igor Stravinsky. 
Certains termes sont destinés à des personnes maîtrisant le vocabulaire de la musique de tradition européenne de conservatoire, néanmoins j’ai essayé de vulgariser la plupart des éléments pour les rendre compréhensible pour des lecteur.ices non-initiée.es !</p>

<p>Dans le cadre de mon cours d’analyse 2ème année au conservatoire régional de Paris (CRR), classe d’Aurélie Bouchard, j’ai réalisé un exposé sur cette œuvre. Ainsi, pouvons nous en tirer un support sur lequel s’appuyer durant la lecture de ce post : je vais en effet apporter des compléments d’informations et des explications pour essayer de répondre à une question posée.</p>

<p><a href="https://www.canva.com/design/DAGoeG1pD4I/CqOBXfQYZQvWN8EUwC6O0Q/view?utm_content=DAGoeG1pD4I&amp;utm_campaign=designshare&amp;utm_medium=link2&amp;utm_source=uniquelinks&amp;utlId=h6ba9796c29">https://www.canva.com/design/DAGoeG1pD4I/CqOBXfQYZQvWN8EUwC6O0Q/view?utm_content=DAGoeG1pD4I&amp;utm_campaign=designshare&amp;utm_medium=link2&amp;utm_source=uniquelinks&amp;utlId=h6ba9796c29</a></p>

<p>Voici un lien trop long pour accéder au support. Je précise qu’il contient beaucoup d’extraits audios et vidéos qui sont à écouter, pour comprendre quel instant précis illustre le propos, ou encore se mettre dans l’ambiance, ou sont tout siplement des ressources importantes pour la compréhension. Vous pouvez écouter le début de la pièce sur l’inser de la première slide du support, je précise que les extraits utilisés viennent de la version Orchestre Symphonique de Cleveland / Pierre Boulez chez Deutsche Grammophon, qui est pour le moment la version qui me plaît le plus, Boulez étant notemment connu pour être un grand intérprête et analyste de l’oeuvre de Stravinsky. Cet exposé ayant pour but d’être intercatif, n’hésitez pas à poser des questions auxquelles je me ferai un plaisir de répondre dans les commentaires prévus à cet effet en bas de page !</p>

<p>Ainsi nous parlons de Petrouchka de Stravinsky. Nous sommes dans le Paris des années 1910. Voici plusieurs années que chaque saison, un homme fait le buzz à Paris, un russe. Serge Diaghilev. Il a commencé avec des expositions d’art russe, puis a fait représenter des opéras russes. Puis c’est avec sa troupe des ballets russes qu’il crée l’évènement (un ballet est un spectacle chorégraphique, il s’agit donc ici d’une troupe de danseurs.euses). En 1909 la troupe avait montré le meilleur de la danse académique telle qu’on la pratiquait depuis l’arrivée à Saint-Pétersbourg de Marius Petipa (célèbre chorégraphe). En 1910 Diaghilev à l’idée de représenter en une seule œuvre la danse et la musique moderne russe, il donne l’<em>Oiseau de feu,</em> dont la musique est composée par Igor Stravinsky. En 1913, leur troisième collaboration fait un scandale retentissant : le sacre du printemps. Il serait intéressant de faire un post pour prendre le temps d’en parler de ces deux spextacles, mais nous parlons aujourd’hui de Petrouchka, plus méconnue que les deux autres pièces, et crée le 13 juin 1911.</p>

<p>La partition nécéssite un orchestre symphonique gigantesque pour être interprétée, plusieurs danseur.euses : elle raconte l’histoire d’une scène populaire russe en quatre tableaux : Un jour en plein milieu de la foire de Mardi gras, place de l’amirauté à Saint-Pétersbourg, un charlatan apparaît et rassemble la foule devant son stand, où par l’utilisation d’un sortilège, des pantins prennent vie, et développent des sentiments. Parmi eux, Petrouchka - le héros boiteux, tordu et malheureux-, une ballerine, et un opulent et violent maure. Ils prennent vie dans une danse, puis nous passons au second tableau qui est un thêatre dans le théâtre. Nous sommes dans la chambre de Petrouchka, qui est triste puisqu’il aime la ballerine mais que cet amour n’est pas réciproque. La ballerine le rejoint momentanément, mais Petrouchka est tellement maladroit qu’il la fait fuir et replonge dans sa tristesse. Le troisième tableau prend place chez le maure, où la ballerine arrive dansant avec une trompette. Elle est éprise du maure et ils danseront une valse viennoise ensemble, jusqu’à l’irruption de Petrouchka, qui va se battre en duel et se faire tuer par le maure. Le public du charlatan est sous le choc, nous revenons dans la foire pour le quatrième tableau. Le vieux sorcier rappelle que tout ça n’est qu’un trucage et que c’était évidemment pour de faux. Après le passage d’autres forains et leur stand (notamment un moontreur d’ours) des cris atroces font fuir les passants : il s’agit du spectre de Petrouchka qui terrorise la foule, et vient effrayer le vieux fou qui lui a fait prendre (et perdre) vie.</p>

<p>Voilà pour l’histoire, interessons-nous désormais aux critiques des journaux au lendemain de la première de ce spectacle, au théâtre du Chatelet. (Vous pouvez passer à la deuxième slide sur la présentation)</p>

<p>Au lendemain de la soirée du Chatelêt, les journaux ne lésinent pas sur les commentaires, la plupart élogieux comme dans Comedia : « Rien ne peut donner une idée de l’impression produite hier soir sur le grand public par la première audition de Petrouchka, fantaisie burlesque due à la collaboration de messieurs Stravinsky, Fokine et Benois. Cette scène trucculente de la vie populaire russe, que l’on croirait sortie du pinceau de Degas ou de Manet surprend d’abord le spectateur et le subjugue par son charme étrange et pénétrant. »</p>

<p>Le Figaro du 17 juin 1911 essaie de rendre compte du spectacle des ballets russes : « Petits atomes habilement colorés, habilement réunis, habilement présentés, et d’une manière si heureuse qu’ils ils illusionent et peuvent séduire. Un orchestre extraordinairement chatoyant, varié, inventé, un sens du mouvement musical et du mouvement scénique, très grand l’un et l’autre, achèvent ce miracle d’équilibre. Petrouchka n’exigeait sans doute pas plus que ce pittoresque tout extérieur, mais le talent de monsieur Stravinsky dépasse l’agrément de ses curiosités. »</p>

<p>Le Gil Blas ne s’en laisse pas compter et ne voudrait pas avoir l’air d’admirer sans critiquer : « La musique qui est l’oeuvre de monsieur Stravinsky, que l’on aima davantage dans d’autres ballets, tel cet étonnant <em>Oiseau de feu,</em> est d’une invention surprenante, sinon d’une bien précieuse qualité. Je ne puis juger dans quelle mesure elle emprunte aux mélodies populaires russes. Mais elle sonne « peuple » le mieux du monde. Et sans doute, parce que la foule n’est que la foule, elle n’est pas dépourvue de vulgarité. Mais l’orchestration abonde en imprévus : les timbres s’y opposent, ou s’y confondent, pour notre plus grande surprise! Certains instruments, le basson et la trompette surtout, semble s’y divertir prodigieusement, et par cela-même, ils ne cessent point d’amuser, c’est du très joli ouvrage d’agrément. »</p>

<p>Enfin, concluons cette courte revue de presse avec l’opinion du critique du journal l’<em>Attaque : «</em> Les tons volontairement crus de l’instrumentation, le dégingandement des rythmes et de la composition, tout cela est agencé avec beaucoup d’habileté, haut en verves et en couleurs. Et si il ne s’agit que d’une charge un peu trop prolongée, du moins le comique en est-il gai et le mouvement endiablé mais cela est aux limites de la musique, monsieur Monteux dirige l’orchestre non sans adresse »</p>

<p>Une remarque récurrente nous saute aux yeux : la critique n’en revient pas de la <strong>modernité</strong> du spectacle proposé. Nous allons donc essayer, à travers quelques axes d’analyse, de proposer des pistes de réflexions pour justifier les surprises et audaces d’Igor Sravinsky à travers la pièce. (3ème slide) : il sera donc question</p>

<p>- de l’orchestration (le choix d’emploi d’un instrument ou d’un autre pour jouer un motif : pourquoi une trompette ici, pourquoi un trombone pour faire la basse, une clarinette pour le thème principal, pour jouer ce personnage là ? Etc)</p>

<p>- de la forme (structure) et d’expériences à ce sujet</p>

<p>- du matériel de compostition : invention de nouveaux objets harmoniques, accords dissonants (qui sonnent faux), superposition de tonalités, de rythmes, d’accents décalés etc.</p>

<p>I) La modernité de l’orchestration</p>

<p>1) les timbres (variétés de son) utilisés conjointement au service d’une couleur (fusion) : slide 4.</p>

<p>Stravinsky était passionné par les instruments mécaniques, en particulier l’orgue de barbarie. C’est pourquoi, pour symboliser un orgue de barabarie dans la foire, il va agencer les bois de l’orchestre (clarinettes, flûtes, bassons et hautbois) de manière à produire le son d’un orgue de barbarie, du jamais vu à l’orchestre. Extrait à écouter sur le support. Jean-François Zygel a tourné un épisode des « <em>Clés de l’orchestre »</em> où il décortique, explique, raconte Petrouchka, je vous recommande vivement de voir ce documentaire en libre accès sur youtube, (lien en bas de page) pour approfondir. Dedans il fait entendre distinctement les instruments précédemment cités, dans l’assemblage « orgue de barbarie ». L’orgue joue d’ailleurs une rangaine populaire d’Emile Spencer, la jambe en bois (extrait à l’appui) : (et pour l’anecdote, à chaque représentation de Petrouchka, une part des recettes étaient versées aux ayants droits de Spencer qui ont crié au plagiat, alors qu’il s’agit en vérité d’une claire citation). Stravinsky fait d’ailleurs apparâitre cet instrument puisqu’un musicien itinérant jouait la jambe en bois en bas de la fenêtre de son hôtel pendant la période de composition de l’oeuvre.</p>

<p>Le même procédé est utilisé pour faire un simulacre de boîte à musique.</p>

<p>2) les timbres utilisés en temps qu’évènement individuels, (en rupture). Slide 5</p>

<p>Dans le quatrième tableau, au moment du passage du montreur d’ours et de sa bête, Stravinsky figuralise l’ours par un solo de tuba, l’instrument le plus grave de la famille des cuivres. Le paysan qui s’occupe de la bête lui, est incarné par les deux clarinettes à l’unisson dans un effet cinglant. En écoutant l’extrait on pense à une farce, ces instruments dans un mode de jeu aussi rutilant (je rappelle que nous sommes en 1911) ont de quoi daire sursauter la critique, alors que les compositeurs conservateurs du 19ème siècle sont toujours en vie et continuent d’écrire de la musique encore dte romantique, c’est ici quasiment un cri de clarinette que Stravinsky écrit, et c’est très rare qu’un tuba soit utilisé dans un rôle aussi soliste à l’orchestre : il en est de même pour la trompette, jouée par la ballerine à son arrivée chez le Maure, dans une sorte de sonnerie militaire (puisqu’accompagnée par la caisse claire) mais tout à fait mélodique, avec des phrases legato conjointes, ainsi que des aprèges de neuvièmes majeures. Ce solo est d’ailleurs « un tube » du répertoire des trompettistes, il est demandé à chaque concours d’orchestre, puisqu’il demande une grande habileté technique et un sens aiguisé du phrasé pour être interprêté. Ce genre de motif, de fanfare militaire mélodique, où TOUT l’orchestre s’arrête n’existe qu’ici.</p>

<p>II) Expériences sur la forme : slide 6</p>

<p>Il est impératif de regarder la vidéo de Pierre Boulez (chef d’orchestre, compositeur, pédagogue, analyste, fondateur du <em>domaine musical</em>, qui deviendra plus tard l_‘ensemble inter-contemporain_) : qui décrit la forme « <strong><em>mosaïque »</em></strong> du premier mouvement. Comme il est explique, en rupture avec le modèle allemand du développement, où un motif simple peut entretenir un fil conducteur développé pendant un temps variable (+ de 30 minutes pour certaines symphonies de Gustav Mahler) Stravinsky emploie une esthétique de collage, non linéaire, où chaque motif peut réapparaître à l’identique, donnant un aspect immersif en plan séquence, une dimmension cinématrographique, dans une musique déjà prévue pour la scène et la danse.</p>

<p>On peut voir sur le support les motifs employés pour le tout début de la pièce ainsi qu’un déroulé de leur utilisation, je vous invite à lancer l’extrait et à essayer d’identifier les motifs tout en suivant le déroulé pour les voir apparaître.</p>

<p>On se rend facilement compte, qu’avec 5 éléments très légèrements variés, non développés, Stravinsky écrit 5 minutes de musique non rébarbative qui ne tourne pas en rond. Là aussi, cela illustre au-delà d’une grande modernité, une grande habileté de technique compositionnelle.</p>

<p>III) Inventivité des moyens de compostition, slide 7</p>

<p>Ici, pas vraiment besoin d’ajouter de complément au support, vous pouvez écouter les extraits correspondants aux procédés cités : décalages des accents et articulations sur une phrase qui semble à première vue linéaire, l’utilisation d’un « objet » harmonique nouveau, <em>l’accord Petrouchka,</em> qui est la superposition de l’accord parfait de Do majeur et celui de Fa# Majeur, ainsi les notes sont séparés par la distance d’un intervalle appelé Quartre augmentée, ou triton : volontairement très dissonant. Cet objet harmonique non-identifié sert de leitmotiv (motif récurrent, mot qui provient des opéras de Wagner, où un thème / un instrument représente un personnage) au pantin Petrouchka. On en déduit la gamme diminuée (ou mode 2 de Messiaen) construite en [demi-ton, ton], [demi-ton, ton] … etc, ou bien [ton, demi-ton] , [ton, demi-ton] , etc. Tout cela nous rappelle les recherches de Monsieur Wollny mais il y a plus de 100 ans…</p>

<p>Le même procédé est utilisé de façon synthétique avec deux clarinnettes : une arpégeant do majeur, l’autre arpégeant fa# majeur. Extraits à écouter.</p>

<p>Slide 8, on parle souvent du sacre du printemps comme révolution en terme d’aggressivité rythmique, mais on oublie que nombreuses sont les idées du sacre qui ont germé dans l’esprit de Stranvinsky à travers Petrouchka. En effet les rythmes superposés et l’aggressivité se trouvent déjà dans le quatrième tableau, et un passage polytonal/modal se fait entendre dans la scène chez le Maure. La valse est en Si majeur, pendant que le cor anglais joue une mélopée dans une couleur modale de Sol# mineur, (mélodique descendant pour les plus averti.es d’entre vous, il n’y pas de sensible puisque que le Fa est dièse et non pas double dièse…)  Extraits à écouter.</p>

<p>Ainsi, nous voyons à travers tous ces exemples analytiques mais aussi avec les thèmes abordés (la foire, l’anti-héros boiteux, qui sont des thèmes chers au groupe des 6, et dans une mouvance parisienne du début 20ème, proche de Cocteau) l’emploi d’un nombre incalculable de citations au floklore russe, mais aussi à la tradition populaire parisienne (avec la jambe en bois par exemple!) font de ce ballet un spectacle on ne peut plus moderne pour l’auditoire de 1911. Stranvinsky et Diaghilev étaient sans aucun doute des génies visionnaires, avec un sens du spectacle et de la surprise. Vous pouvez voir sur le support en slide de conclusion les décors, de la foire, de la chambre de petrouchka, et des esquisses de costumes.</p>

<p>Pour finir, j’aimerais citer André Warnod sur la modernité du spectacle (et non pas de la musique) « Il faut se souvenir de ce qu’on avait coutume de voir, au théâtre reignait la poussière et la pénombre, les ambiances équivoques, les crépuscules inquiets, leurs troubles où les lampes s’allument. Le décor de Pelléas [et Mélisande, opéra de Claude Debussy, note de Noé] était ce qu’on avait vu de plus beau : la fadeur, la mélancolie, les alanguissements, les couleurs mourantes satisfaisaient les plus difficiles : il est facile d’imaginer alors le fracas que firent dans cette molle douceur, dans ce trucage en carton pâte, les décors russes, un coup de révolver dans la glace ».</p>

<p>J’aimerais remercier Anne-Charlotte Rémond, Lionel Esparza, Jean-François Zygel, et Benoït Faucher, à qui j’ai emprunté beaucoup d’éléments de leur travaux, (slide finale) pour réaliser ce post et cet exposé. Les liens de leurs émissions sont en bas de page.</p>

<p>J’espère que ce post vous donnera envie d’écouter l’oeuvre dans son entiereté, ou de voir le spectacle chorégraphique. J’ai eu la chance de voir la suite pour orchestre 3 fois à la philharmonie de Paris, (il en sera question dans un prochain post). Ou simplement que ça aura piqué votre curiosité, vers le monde de la musique symphonique.</p>

<p><a href="https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/musicopolis/1911-igor-stravinsky-compose-petrouchka-5854510">https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/musicopolis/1911-igor-stravinsky-compose-petrouchka-5854510</a></p>

<p><a href="https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/igor-stravinsky-chroniques-de-sa-vie">https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/igor-stravinsky-chroniques-de-sa-vie</a></p>

<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=7Vrm1DrCWyU&amp;t=4814s&amp;pp=ygUfY2zDqXMgZGUgbCdvcmNoZXN0cmUgcGV0cm91Y2hrYQ%3D%3D">https://www.youtube.com/watch?v=7Vrm1DrCWyU&amp;t=4814s&amp;pp=ygUfY2zDqXMgZGUgbCdvcmNoZXN0cmUgcGV0cm91Y2hrYQ%3D%3D</a></p>

<p>A dans 6 mois public, mon amour.</p>]]></content><author><name>Noé</name></author><summary type="html"><![CDATA[Post 2 : Petrouchka d’Igor Stravinsky]]></summary></entry><entry><title type="html">Journaling curation 2</title><link href="/2025/09/04/journaling-curation-2.html" rel="alternate" type="text/html" title="Journaling curation 2" /><published>2025-09-04T00:00:00+00:00</published><updated>2025-09-04T00:00:00+00:00</updated><id>/2025/09/04/journaling-curation-2</id><content type="html" xml:base="/2025/09/04/journaling-curation-2.html"><![CDATA[<p>03/07
Prédiction: Premier germe, chenille, éclosion. Cela ne semble rien mais les cloches sonneront. Aide-mémoire: 4 stèles, une offrande/sacrifice gage de foi “je ne manque de rien”, 5 “heures”/conservations/enregistrements de l’Hum.</p>

<p>11/07
 C’est juste un fantôme trop incarné, y’a rien, écale creux de noix. fuck my stupid baka life. Je m’agite pour rien.</p>

<p>17/07
La cire a brûlé mes doigts et puis voilà. Pas de 14 juillet donc. <em>Je reste dans mon lit douillet, ils marchent au pas, cela ne me regarde pas. Je ne fais pourtant de tort à personne en n’écoutant pas le clairon qui sonne.</em>
Pouvoir magique du repas: tout le monde croit – Je dirais constate, puisque j’y crois– qu’il faut manger pour que le monde puisse exister, pour le conserver, l’unifier ou éviter son délitement. Et pourtant j’ingère les calories comme ça pour alimenter le flux de production. C’est pour ça sans doute qu’il est si fragile, mal en point (le monde)…*
<em>Perhaps the World Ends Here</em></p>

<p>* Après en avoir discuté avec M, la sacralité s’est peut être simplement déplacée, fécale, dans les flux, la transmission plutôt que qu’en des lieux, des points clés. (Baudrillard, Simondon)</p>

<p>Herbes aromatiques, thé, théière, bouillon, kombucha, recette de pain, marché, brocante.</p>

<p>18/07
!Sleeping more than five hours is forbidden!</p>

<p>19/07
 J’ai trouvé une châtelaine!!!!!!! J’étais tellement euphorique, je dois la pimper un peu, je vais même pouvoir y ajouter mes propres items. Les brocantes c’est magiques; je pourrais devenir antiquaire je crois. Bien bu chocolat chaud. Toujours un peu las, quand j’ai fini d’écrire, de reprendre le quotidien je laisse traîner le stylo.</p>

<p>21/07
A l’époque pour des arcs en ciels ils devaient serrer… Si, il y a les edits Tiktok maintenant. Mais bon, j’ai l’impression d’y être aveugle. Y’a plus de magie ou il est plus magique? Bloqué dans un monde d’images. 
Whimsical hobbies: Crowparty, whisper words into the wind for the ones who need them, tea party w plushies/dolls, écrire des lettres.</p>

<p>26/07
Idées de carrière: Antiquaire/brocanteur, monk, weird niche internet artist, mystique marchand ambulant, sorcier, romancier/intellectuel du 20ème siècle.</p>

<p>30/07
M donne envie de dessiner</p>

<p>31/07
Quelle belle journée, plein, le roi du poulet. Le cours ressemble à la placette de Caravan SandWitch. Le concierge avait un T-shirt V-runk, Noaille, café puis thé, dattes. Ah! Et le bâton de réglisse trop bon omg. A la chapelle de la vieille charité c’était magnifique Mère we sea, Laure Prouvost. J’aimerais assister à la dispute/polémique esthétique de M et N. Il y a moyen que je soit pertinent prochainement.</p>

<p>04/08
J’étais tout malade. Je prends mes affaires et je m’en vais: ça va pas marcher.</p>

<p>08/08
Pourquoi c’était sacré et maintenant je m’en fout? J’ai même pas l’élan d’être debout. Les shops? La marchandisation? Elle était déjà là…Ou juste fatigué. Si je meurs faites une expo cool. Est ce que A peut la faire? L’expo physique, et sinon un site d’archives. Non c’est égoïste de demander ça; ça fait trop de travail bref dsl. <em>There must be a revolution to solve this problem, Only jah jah knows why I and I suffer so.</em></p>

<p>12/08
Deux sortes de collections: 1. Comme fin en soi, une logique accumulatrice. Et 2. Comme point de départ, d’inspiration à la création. C’est punk et artistique.</p>

<p>https://www.instagram.com/reel/DMs2jxks137/?utm_source=ig_web_copy_link&amp;igsh=MzRlODBiNWFlZA==
En admettant sa position, une vie misérable engendrée non pas uniquement par un système de production capitaliste mais induite par les objets techniques eux-mêmes, où il serait illusoire de vouloir autogérer des industries qui ne peuvent être qu’autoritaires, j’aime trop le wired (literally lain), j’aime trop jouer a Signalis. Je suis biaisé, forcement empâté dans mon époque mais je crois sincèrement qu’internet nous rapproche de ce qui est sacré. Reste que c’est quand même une thèse forte, que je ressasse régulièrement – ça et les takes  leftcoms; des problèmes qui se dénouent dans la pratique et les luttes imo – dont je tire qu’une sorte de compromis, une désindustrialisation sélective. D’abord l’abandon de celle qu’on à substituer à l’artisanat (textile, mobilier…), à l’agriculture traditionnelle. Il y a des industries inutiles, je pense à la publicité (elle très liées au capitalisme, à la marchandisation généralisée). Et je crois que l’instauration d’un régime de production communiste incite à un ralentissement général des activités. Ralentissement qui s’emballe (hehe) en réduisant l’importance d’industries pas vraiment substituables (transport de personnes et marchandises, télécommunications, serveurs…) leurs infrastructures et la division du travail. Ça manque peut-être de radicalité mais je connais pas vraiment le sujet non plus et je suis pas économiste. Tout ça pour garder 4Chan.</p>

<p>13/08
Je suis content que le livre sur l’orthodoxie soit une approche multidisciplinaire. C’est l’objet qui l’oblige juste?</p>

<p>15/08
Mon avis sur le s là je suis devenu un nihiliste ridicule; on me trouve grave qu’en j’en parle. Mais c’est ridicule, à part un argument éthique discutable c’est surtout du zèle pour les mêmes valeurs pro-vie/nataliste – réactionnaire qui plus est. nn?</p>

<p>Je m’arrête là pour cette fois, et continue sur un rythme de publication mensuel approximatif. Mais j’apprécie bien l’exercice: je reformule, je clarifie et l’impression que je ne laisse rien m’échapper. Au mois prochain ou avant si j’en ai l’envie!</p>]]></content><author><name>maxime</name></author><summary type="html"><![CDATA[03/07 Prédiction: Premier germe, chenille, éclosion. Cela ne semble rien mais les cloches sonneront. Aide-mémoire: 4 stèles, une offrande/sacrifice gage de foi “je ne manque de rien”, 5 “heures”/conservations/enregistrements de l’Hum.]]></summary></entry><entry><title type="html">Journaling curation 1</title><link href="/2025/08/29/journaling-curation-1.html" rel="alternate" type="text/html" title="Journaling curation 1" /><published>2025-08-29T00:00:00+00:00</published><updated>2025-08-29T00:00:00+00:00</updated><id>/2025/08/29/journaling-curation-1</id><content type="html" xml:base="/2025/08/29/journaling-curation-1.html"><![CDATA[<p>En fait j’écris régulièrement (même si ça se voit pas sur le blog). J’ai un journal zapbook parfait pour mon usage; c’est une activité quotidienne. Le contenu est un peu trop circulaire et trop plaintif pour que je le poste intégralement. Je veux pas avoir l’air trop névrosé haha.
Si j’en extrait des bouts peut-être, c’est déjà une réécriture, voilà.</p>

<p>04/05
cassé le bras, mon quotidien de nerd érudit est légitime. j’étends mon Obsidian.</p>

<p>05/05
<em>“Seigneur dieu de mon salut je crie jour et nuit en ta présence 
Que ma prière parvienne jusqu’à’ toi prête l’oreille à mes plaintes,
Car mon âme est rassasiée de maux, et ma vie s’approche au séjour des morts,
On me voit descendre dans la fosse je suis comme un homme fini [qui n’a plus de force]
Je suis étendu, parmi les morts, semblable à ceux qui sont tués et couchés dans le sépulcre, ceux dont tu 
n’as plus le souvenir, exclus et loin de ta main,
Tu m’as jeté dans une fosse profonde , en des lieux engloutis, ténébreux.
Ta fureur s’appesantit sur moi, et tu m’accables de tous tes flots.</em></p>

<p><em>Tu as éloigné de moi mes amis, tu m’as rendu abominable pour eux; je suis enfermé et je ne puis sortir.
Mes yeux se consument dans la souffrance; je t’invoque tout le jour , ô éternel!  J’étends vers toi les mains.
Est-ce pour les morts que tu fais des miracles? Leurs ombres se lèvent-elles pour te louer [t’acclamer]?</em></p>

<p><em>Qui parlera de ton amour [de ta bonté] dans la tombe; de ta fidélité dans le royaume des morts?
Tes prodigues sont-ils connus dans les ténèbres, et ta justice dans la terre de l’oubli?
Moi, je crie vers toi, seigneur, dès le matin ma prière te cherche:
Pourquoi éternel, repousses-tu mon âme? Pourquoi me cacher ta face? 
Je suis malheureux et moribond. Dès la jeunesse je suis chargé de tes terreurs, je suis troublé.
Tes fureurs passent sur moi, tes effrois m’ont réduit au silence [m’anéentissent];
Elles me cernent tout le jour, comme des eaux, m’enveloppent toutes à la fois.
Tu as éloigné de moi amis et familier [compagnons],
Ma compagne, c’est la ténèbre.”</em></p>

<p>J’ai envie d’apprendre des poèmes
J’ai pas de routine, mes journées se ressemblent quand même.</p>

<p>J’ai pas de bras, amande amère, vanille, bibliosmia, vinaigre.</p>

<p>07/05
Enlevé le pansement</p>

<p>09/05
Note</p>

<p>NickLand,
La fiction a un impact sur la réalité (mé pas idéaliste dc ig),
Trauma de la terre origine dialectique,
CCRU,
putain c’est une vidéo de complotiste maga</p>

<p>10/05
Ma tolérance est faible? Les crèmes caramel, les crèmes au chocolat.</p>

<p><em>“Qu’est ce que cette machine à respirer sur mon corps sans organe”</em>
Corps c’est corps: forme
Et cursus: course, mouvement, chemin
pas encore un organisme donc c’est cohérent avec le schizo, processus. Je comprends pas son concept de désir. Libido, numen, voluptas. Numenieux nya.</p>

<p>S’ensuit un mois environ qui illustre ce que je disais au début de l’article:
Le 14/05 <em>“Je suis tellement névrosé quand je fume, il faut que j’arrête, je vais dormir, je ne peux pas me réconforter en me retournant contre moi même je reflète mes propres angoisses.”</em> le 15/05 <em>“J’ai tellement badé hier soir?! C’est bon mtn, et c’est étrange chez moi”</em> le 16/05 <em>“Je heal”</em> le 23/05 <em>“Je suis salement angoissé”</em> le 25/05 <em>“ Sortez moi de l’oeuf donnez moi des organes svp”</em> ??/06 <em>“Il faut me mettre sous prozac?”</em> le 09/06 <em>“Je vais heal,, dieu merci, cv aller, ça se déplie”</em> le 12/06 <em>“Moins fou”</em> le 13/06 <em>“J’en ai marre”.</em></p>

<p>Anyways
Il y avait aussi des dessins et une collection de mots:
Veinule
Moiré.ure.
Griotte
Écale 
Amarante</p>

<p>09/06
production marchande généralisée, tout est potentiellement une marchandise, marchandise potentielle.</p>

<p>22/06
Béni 
<em>“C’était pas facile, j’ai dû bosser, j’en ai bavé, j’ai tout donné
Même pas d’abonnés, papa et maman furent donc les premiers”</em></p>

<p>23/06
j’y vais pour prendre le snap de l’amitié, jsp de quelle manière on peut être amis en vrai bref.
Je serai apaisé, plutôt béni ça se déplie et va.</p>

<p>25/06
cv un peu mieux j’suis moins niqué, mais je sais plus c’est quoi mon visage, j’suis niqué.
Annotate novels, se concentrer sur le sentiment et les procédés esthétiques.</p>

<p>27/06
Trouver le soi authentique – plutôt qu’il agisse, qu’il nous agisse. Mais le soi c’est une illusion,  y’a rien à découvrir. Mais jsp y’a tellement de corps qui semblent habités.</p>

<p>Et être debout (*ma résolution y’a un an c’était être allongé, au sol)</p>

<p>Tichar.</p>

<p>29/06
Depuis le covid j’ai vécu 7 vies mais sur un autre plan abstrait, phénoménal la ps5 est sorti il y a un mois. C’est une mémoire familière, à disposition, à peine grivelée qu’on accorde pareille perception émoussée aux longues ronflements hadales, diluvienne.</p>

<p>01/07
Métamorphose pas spectaculaire, immonde.</p>

<p>02/07
C’est à ni rien comprendre…Y’a plus de saisons!</p>]]></content><author><name>maxime</name></author><summary type="html"><![CDATA[En fait j’écris régulièrement (même si ça se voit pas sur le blog). J’ai un journal zapbook parfait pour mon usage; c’est une activité quotidienne. Le contenu est un peu trop circulaire et trop plaintif pour que je le poste intégralement. Je veux pas avoir l’air trop névrosé haha. Si j’en extrait des bouts peut-être, c’est déjà une réécriture, voilà.]]></summary></entry><entry><title type="html">Les gens qui se prennent au sérieux</title><link href="/2025/08/16/les-gens-qui-se-prennent-au-s-rieux.html" rel="alternate" type="text/html" title="Les gens qui se prennent au sérieux" /><published>2025-08-16T00:00:00+00:00</published><updated>2025-08-16T00:00:00+00:00</updated><id>/2025/08/16/les-gens-qui-se-prennent-au-s-rieux</id><content type="html" xml:base="/2025/08/16/les-gens-qui-se-prennent-au-s-rieux.html"><![CDATA[<h2 id="les-gens-qui-se-prennent-au-sérieux">Les gens qui se prennent au sérieux</h2>

<p>Peut-être que certains liront le titre de cet entrée en se disant que je suis moi-même quelqu’un qui se prend vachement au sérieux*. Cependant le sujet que je veux aborder dans cet entrée n’est probablement pas la première chose à laquelle on pense lorsqu’on évoque le fait de se “prendre au sérieux”.</p>

<p><em>*Je ne sais pas ce qu’il en est réellement cependant je pense que c’est de moins en moins le cas (si ça l’avait été)</em></p>

<p>Je veux parler là d’un sentiment que je ressens certaines fois en parlant et passant du temps avec certaines personnes, une sensation que je n’arrivais pas vraiment bien à qualifier, d’où l’utilité de post afin d’organiser mes idées.</p>

<p>Je pense qu’une bonne manière de le dire est : il m’arrive au travers d’une interaction de percevoir comme l’absence d’une vision relative des choses.</p>

<p>En dehors de nos besoins naturels, une grande partie de notre vie est rythmée par notre interaction avec des concepts inventés*. (et j’utilise le terme “concept” car il permet d’englober un peu n’importe quoi auquel on peut penser, qui n’était pas présent avant nous)</p>

<p><em>*et/ou découverts mais dans le cas général on peut considérer les deux et le sujet n’est pas de débattre de l’un ou de l’autre pour certaines situations choisies.</em></p>

<p>J’entends enfaite par “se prendre au sérieux” le fait profondément et inconsciemment ancré d’accepter un ou plusieurs concepts comme propositions immuables, de les intégrer puis d’évaluer le monde à travers un prisme dérivé de ces “vérités”.</p>

<p>Je pense raisonnable dire que à chacun de ces concepts peut-être associé une fonction et que la manière dont sont définis les concepts et la manière dont la fonction est mise en place pour passer du concept à son but n’est pas une chose absolue en soit. Alors on pourrait faire du cas par cas et quantifier la pertinence de la manière dont l’objet et la fonction permettent de réaliser l’objectif mais ce que je veux plutôt souligner c’est cet acte inconscient d’accepter à la fois l’objet et la fonction sans en considérer sa dimension totalement relative.</p>

<p>Et j’en viens à celà : au fil du temps, il me semble de plus en plus que <strong>la créativité</strong> est un attribut important, même fondamental.</p>

<p>J’écris ceci car je pense que se prendre au sérieux est une atteinte directe à sa créativité. C’est s’enfermer soit même dans une prison sans le savoir.</p>

<p>Certaines personnes vont se lancer à la poursuite de choses qu’elles n’ont pas vraiment questionné et vont en faire pour eux un objet désirable et utilisé comme métrique. Encore, se calqueront sur des opinions, des comportements, des normes puis au fur et à mesure les intègreront comme une part d’eux, une vérité.</p>

<p>D’après moi est d’avantage prisonnier celui qui <strong>pense</strong> que c’est d’une telle manière que “ceci ou cela” doit être fait <strong>car</strong> communément fait de cette manière, que celui qui accepte de procéder d’une certaine manière car “ceci ou cela” est communément fait de cette dite manière (donc consciemment ou non de ce que je cite précédemment). Et il y a une grande différence entre les deux.</p>

<p>J’entends bien par contre que l’on vit en société et que en opposition à “se prendre au sérieux”,  prendre tout “à la légère” n’est pas raisonnable. Je dis juste qu’il me paraît bien d’être conscient de ce que je cite plus haut et de mesurer nos axes de liberté vis à vis du sujet.</p>

<p>Sinon j’ai acheté des Actimels et j’écris ce post en tabassant le paquet, c’est vraiment trop bon ce truc.</p>

<p>PS : J’ai pensé à prendre l’exemple facile de l’inspiration artistique et des tendances mais je trouve que ça ne capture que trop mal un concept que je veux vraiment plus général, c’est aussi pour ça que j’ai préféré des termes assez larges.</p>]]></content><author><name>chems</name></author><summary type="html"><![CDATA[Les gens qui se prennent au sérieux]]></summary></entry></feed>